2007-02-02

Pascua-Lama en haute définition

En octobre 2005 j'avais essayé dans ce billet de situer Pascua-Lama grâce à Google Maps. A l'époque la définition de la région n'était pas excellente, et le résultat était un peu approximatif. Mais les choses ont changé, et la zone est maintenant couverte par Google Maps - et Google Earth pour ceux qui ont la 3ème dimension - en haute définition. On se demande bien pourquoi. D'ailleurs l'image satellite de Google Maps est la même que celle qui sert de fond à la carte détaillée du site publiée sur la page où Barrick défend son projet.
Ces éléments ont été récupérés sur Geonames, et les coordonnées exactes du site sont également données par Wikipédia. La page de Geonames permet de situer en détail les différents éléments du paysage, et en zoomant au maximum on peut vraiment se faire une idée par soi-même de l'état des lieux. Le site parait déjà sur ces vues dont on ne sait pas la date, comme toutes les vues de Google Maps, déjà bien occupé. On voit quelques installations et de nombreuses traces en zigzags qui sont de toute évidence des pistes d'engins.
Le périmètre d'exploitation délimité sur la carte publiée par Barrick est effectivement, comme la compagnie le dit, pratiquement libre de glace. Les fameux "glaciers" Toro 1 et Toro 2, en bordure de périmètre d'exploitation, ressemblent effectivement à de gros névés de 100 à 200m de diamètre tout au plus, et semblent bien petits par rapport aux "vrais" glaciers situés au Nord (Los Amarillos et Estrecho) et au Sud (Guanaco) de la zone. L'argumentation de Barrick par rapport à ces mini-glaciers tient donc la route, et focaliser l'argumentation contre le projet sur ce point n'était pas vraiment une bonne idée, et répercuter la nouvelle sous une forme caricaturale (Barrick va chercher de l'or sous les glaciers), sans aller voir sur le terrain, une idée encore plus mauvaise. Dont acte.
Bien. les glaciers ne sont pas directement sur le périmètre de la mine, et ne seront pas déplacés. C'est le contrat. Par contre, un point que l'argumentation de Barrick passe allègrement sous silence, c'est qu'une exploitation à ciel ouvert, à une telle altitude et dans un environnement aussi sec, produira un effet secondaire inévitable : la poussière. Car pour extraire de l'or, il faut déplacer et broyer des quantités phénoménales de roche. La teneur moyenne des gisements aurifères est de quelques grammes par tonne. Pour produire une once d'or (une trentaine de grammes), il faut donc traiter en moyenne 10 tonnes de roche. Or la production prévue de Pascua-Lama est de 750 000 onces par an pendant 20 ans. Soit 15 milions d'onces, ce qui correspond à 150 millions de tonnes de roche à extraire, broyer, transporter, concasser, traiter chimiquement pour séparer l'or (et l'argent) de la roche mère. Tout cela à près de 5000 mètres d'altitude, dans une des montagnes les plus sèches du monde.
Les glaciers voisins, petits ou grands, déjà menacés par le réchauffement climatique, auront donc à subir l'agression des retombées de poussière. Or la poussière sombre sur la glace augmente sa capacité d'absorption du rayonnement solaire, et donc accélère sa fusion.
Tout celà, Barrick n'en parle pas.
Pour se donner une idée de l'allure du site de Pascua Lama dans 20 ans, et se rendre compte de ce qu'est une mine à ciel ouvert, on peut visiter, toujours sur Google Maps, la mine de cuivre de Chuquicamata, elle aussi dans l'Atacama. A noter que cette dernière n'est qu'à 2900 m d'altitude. Pascua-Lama c'est 2000m plus haut ...

2007-02-01

Manif contre Barrick Gold à Santiago

Images sympa ... mais dans l'article on n'apprend pas grand-chose de neuf.

Avec la bénédiction de l'Argentine ...

Un bon résumé de la situation de Pascua Lama dans Libé du 19 janvier, répercuté ici et dans la blogosphère francophone. Barrick joue fin en donnant à l'exploitation un statut multinational. Si çà grogne trop sur le versant chilien, on s'appuiera sur l'Argentine ... L'exploitation commencera donc en 2010. Si les glaciers du coin ont survécu jusque là au réchauffement climatique, la poussière de l'exploitation les achèvera vite.

2006-11-03

IRMA : une initiative pour l'exploitation minière responsable

Des bonnes nouvelles pour une fois. Lue dans la newsletter d'automne 2006 de l'excellent site "no dirty gold" dont nous avons déjà parlé, l'annonce de la création à Vancouver en juin dernier de cette Initiative for Responsible Mining Assurance, suite à la campagne pour une industrie minière (plus) respectueuse de l'environnement et des populations.
Les membres de cette initiative sont à la fois des compagnies minières, des professionnels de la bijouterie, des distributeurs et des organisations non gouvernementales.
L'objectif de cette initiative est la mise en place d'un système indépendant de contrôle des conditions d'exploitation minière, respectant entre autres les principes suivants.
  • Distribution juste et équitable des bénéfices de l'exploitation aux communautés locales, y compris les tribus et peuples indigènes, dans le respect et la protection de leurs droits,
  • Action efficace contre les impacts potentiellement négatifs en matière d'environnement, de santé, de sécurité et de culture.
L'initiative se donne jusqu'à juillet 2007 pour mettre en place le système en question. A suivre de près donc dans les mois qui viennent.
A tout hasard, je suis allé voir si le nom de notre compagnie préférée n'apparaissait pas dans la liste des participants. Mais je vous laisse le soin de vérifier vous-même.

2006-04-20

Camp Caïman - projet controversé en Guyane

Un article du Monde du 19 avril, résumant bien l'affaire qui commence à faire du bruit, avec les ingrédients classiques de l'exploitation sauvage. Ici ce ne sont pas les glaciers qui trinquent, mais la forêt amazonienne, avec les impacts "habituels" sur la flore, la faune et les populations locales. La Guyane, c'est en France, mais c'est bien loin ...

Plus on en sait et moins l'or brille

"The more you know, the less gold glows" : c'est le slogan qui sert d'accroche au site no dirty gold ("non à l'or sale") qui annonce d'entrée que l'industrie de l'or est celle qui génère le plus de déchets au monde, avec une simple égalité qui devrait marquer les esprits : une alliance en or = 20 tonnes de déchets. Ce projet soutenu par les ONG américaines puissantes Oxfman et Earthworks essaye d'orchestrer une campagne globale pour limiter les impacts environnementaux et sociaux de l'industrie de l'or. A leur actif déjà, un appel en ce sens de huit des plus grands bijoutiers du monde en direction de l'industrie minière. Parmi eux Tiffany, Cartier, Piaget, Van Cleef & Arpels. Un impact qui pourrait être non négligeable, quand on sait que la bijouterie consomme environ 60% de la production mondiale d'or.

2006-04-10

Tout va bien pour Barrick

Quelques brèves sur l'actualité de Pascua Lama depuis 3 mois, qui contient beaucoup de "bonnes nouvelles", enfin du point de vue de Barrick, autant dire qu'il n'y a pas de quoi pavoiser. Là encore la référence (en espagnol) est le blog de Pablo Ramírez Torrejón. Février a été un mois particulièrement sombre :
  • Barrick fête le premier lingot extrait de la mine de Valadero, le projet "frère" de Pascua Lama, du côté argentin, entré en exploitation en octobre 2005. Une occasion pour rappeler les dégâts ordinaires de l'exploitation de l'or, avec ou sans glaciers, en particulier l'utilisation massive de cyanure. Des précédents au Laos, en Roumanie, au Mali ... et qui sait bientôt en Guyane (j'y reviendrai en détail prochainement).
  • Barrick réussit à faire passer une version "édulcorée" de Pascua Lama auprès de la Commission Régionale de l'Environnement, vite fait bien fait avant que Michelle Bachelet ne prenne ses fonctions en mars. Moyennant une promesse de ne pas toucher aux glaciers ... jusqu'en 2017 (après, on ne sait pas ...), des promesses d'indemnisation conséquente et malgré les nombreuses objections encore restantes.
  • Barrick fête aussi son opération réussie d'acquisition de Placer Dome, qui en fait le numéro un mondial du secteur.
Pendant ce temps, le cours de l'or continue à grimper allègrement, flirtant avec les 600$ l'once, et certains prévisionnistes parlent d'un cours à 800$ à la fin de 2006.

2006-01-16

Maintenant que Michelle est Président(e) ...

Les deux candidats à la présidentielle chilienne avaient manifesté leurs réserves vis-à-vis du projet Pascua-Lama, et Michelle Bachelet avait déclaré pendant la campagne son opposition ferme au projet en l'état, c'est-à-dire au déplacement des glaciers. Elle a également exprimé clairement la volonté de ne pas laisser les grandes compagnies minières faire la loi au Chili, et d'inscrire l'exploitation minière dans une politique générale de développement durable. Il est clair que si les promesses électorales de Michelle se transforment vraiment en programme de gouvernement de la Présidente Bachelet, on peut s'attendre à un bras de fer sérieux avec les multinationales minières, Barrick et consors. On ne peut s'empêcher de songer à la nationalisation des mines de cuivre par Salvador Allende en 1971, et à ce qu'il en advint. Bien sûr le contexte n'est plus tout à fait le même, et la comparaison a ses limites, mais on aimerait que l'histoire ne bégaie pas. Bon courage, Michelle, et ne nous décevez pas!

2005-12-23

Barrick Gold bientôt n°1 mondial de l'or

C'est du moins l'hypothèse la plus probable avancée par Le Monde, et confirmée par cet article de Boursier.com. Sa dernière offre "amicale" sur son rival canadien Placer Dome, a finalement été acceptée par celui-ci, après un premier refus il y a un mois. Il faut dire que Barrick a mis un milliard de plus sur la table, l'offre étant passée de 9,4 à 10,4 milliards de dollars.

Une pétition lancée par Cyber @cteurs

Cyber @cteurs se présente ainsi
Devenir cyberacteur ne signifie pas adhérer à une association de plus. C'est adhérer à un réseau efficace qui se mobilise rapidement sur des problèmes importants en partenariat avec de nombreuses associations.
L'action 159 concerne Pascua Lama. Elle propose de signer en ligne une pétition destinée à la direction de Barrick Gold.